Inès Blumencweig – Une Architecture de l’objet d’art célèbre l’œuvre singulière de l’artiste argentine majeure de l’avant-garde. Présentée par Diane de Polignac, cette exposition retrace un parcours rétrospectif des années 1960 aux années 2000, où l’abstraction géométrique se charge de visages intérieurs, d’idées et de tensions conceptuelles. Une œuvre pensée comme un langage, une architecture mentale et sensible, à découvrir du 12 février au 13 mars 2026 à la galerie parisienne.

Diane de Polignac dévoile Inès Blumencweig – Une architecture de l’objet d’art, une exposition hommage à l’artiste argentine (1930–2025). De 1960 aux années 2000, Inès Blumencweig compose un vocabulaire formel radical où l’abstraction géométrique devient récit, visage, pensée. Entre rigueur et intuition, l’œuvre se déploie comme une architecture de l’esprit. Une exposition à découvrir du 12 février au 13 mars 2026 à Paris.
Elle qui était réservée quant à son processus de création, privilégiait l’expression de ses vues sur les avancées contemporaines, notamment les découvertes techniques et scientifiques. Inès Blumencweig a d’abord travaillé dans l’architecture, une influence majeure dans son œuvre, notamment dans ses dessins préparatoires à ses objets articulés. L’une des singularités de son travail est la notion de « double face », où toute œuvre produit une projection symétrique.

El Pozo de Luz, 1966 – Bois peint et métal – 80 x 80 x 20 cm – Crédits photos ©Galerie Diane de Polignac


Artiste au parcours singulier, Inès Blumencweig, d’origine polonaise, est née en Argentine en 1930. Après avoir entretenu des liens avec le mouvement informaliste argentin dans les années 1950, elle s’installe définitivement à Rome en 1960.
Là, elle se rapproche du groupe formaliste italien Forma 1. Elle n’a cependant jamais adhéré officiellement à un mouvement. Inès Blumencweig fut un électron libre, inspirante et virtuose.
Cette exposition, qui est la première depuis le décès de l’artiste en septembre 2025, est un hommage rendu possible grâce à la collaboration de deux figures clés de sa redécouverte : son neveu et agent, Benjamin de Roubaix, ainsi qu’Ariel Aisiks, fondateur de l’ISLAA (Institute for Studies on Latin American Art).
A propos de Inès Blumencweig
Inès Blumencweig (née le 16 juin 1930 à Buenos Aires, décédée le 5 septembre 2025 à Rome) est une artiste argentine d’origine juive d’Europe de l’Est. Issue d’une famille marquée par l’émigration juive vers l’Argentine au début du XXᵉ siècle, elle se forme très jeune à l’École des arts décoratifs Fernando Fader, inspirée du Bauhaus.
Ses débuts artistiques, au contact des peintres surréalistes argentins, sont empreints de cette esthétique avant qu’elle n’évolue, dans les années 1950, vers la peinture non figurative et le mouvement informaliste.
Dès le début de sa carrière, elle expose régulièrement à Buenos Aires et bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle, notamment avec une exposition personnelle au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires en 1960. Mariée la même année au peintre Mario Pucciarelli, elle découvre aux États-Unis l’Abstract Expressionism, une expérience décisive qui l’amène à renouveler radicalement son langage plastique.

Installée définitivement à Rome à partir de 1961, Inès Blumencweig s’intègre pleinement à l’avant-garde artistique italienne des années 1960. Elle développe alors ses œuvres emblématiques, les Structures sensibles, dans lesquelles elle introduit le métal, puis le bois et le nylon, brouillant les frontières entre peinture et sculpture et explorant le rythme, l’espace et l’optique. Son travail dialogue avec des courants majeurs tels que le Spatialisme, l’Arte Povera et l’Arte Programmata. Plusieurs galeries italiennes et internationales, ainsi que le Musée d’art moderne de Miami, lui consacrent des expositions personnelles.
Parallèlement à sa pratique artistique, elle mène une importante carrière de journaliste d’art pour l’ANSA entre 1965 et 1990, tout en collaborant avec des revues latino-américaines. Malgré une œuvre pleinement inscrite dans les recherches de son époque, sa reconnaissance reste longtemps confidentielle, notamment en Italie où elle est souvent perçue comme une artiste étrangère.
Après une longue période sans exposition personnelle (1980–2022), son œuvre est redécouverte à partir de 2020 grâce à l’ISLAA. Cette redécouverte aboutit à une exposition majeure à la Maison de l’Amérique latine à Paris en 2022-2023, qui met en lumière son apport essentiel aux avant-gardes italiennes des années 1960 et 1970. Elle s’éteint à Rome en 2025, laissant une œuvre singulière, longtemps méconnue, aujourd’hui reconnue pour son importance historique et esthétique.
Galerie Diane de Polignac : 2bis rue de Gribeauval 75007 Paris
+33 (0)1 83 06 79 90
Du lundi au vendredi – 10h-18h / Samedi – 15h-18h
Crédits photos ©Galerie Diane de Polignac