Uruk Chronicles : le parfum d’une histoire qui traverse les millénaires

Uruk, Gilgamesh, la quête d’immortalité : l’Épopée mésopotamienne n’avait sans doute pas encore rencontré la tonka. C’est désormais chose faite avec Uruk Chronicles, la nouvelle création d’État Libre d’Orange signée Jordi Fernandez. Un parfum qui convoque une mémoire vieille de plusieurs millénaires sans chercher à la reconstituer.


Crédits photos ©État Libre d’Orange

Uruk fut l’une des grandes cités de la Mésopotamie antique. La ville est aussi étroitement associée à Gilgamesh, roi légendaire dont l’épopée raconte la puissance, les excès, puis la quête d’une vie qui échapperait à la mort.

Après la disparition de son compagnon Enkidu, Gilgamesh prend conscience de sa propre finitude. Commence alors une longue recherche de l’immortalité, qui le conduira jusqu’à une plante capable, dit la légende, de rendre la jeunesse. Il la trouve au fond des eaux, mais un serpent la lui dérobe. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Elle a finalement fait le chemin inverse : Gilgamesh n’a pas vaincu la mort, mais son nom a traversé les siècles.

Crédits photos ©État Libre d’Orange

C’est cette idée qui intéresse État Libre d’Orange. Uruk Chronicles ne cherche pas à raconter une nouvelle fois l’épopée. Le parfum en retient plutôt le mouvement : une énergie première, une quête, puis des matières qui s’assombrissent progressivement.

La fraise, la mandarine et la tagète ouvrent la composition sur une fraîcheur fruitée. L’accord safran et l’iris prennent ensuite le relais, avant un fond plus dense autour du cypriol, du cèdre et de la tonka.

Le contraste est assumé. La lumière des fruits laisse place à des notes plus sèches, boisées et enveloppantes. La tonka apporte sa chaleur et donne aussi son nom à la signature du parfum, By the tonka I remain. Un clin d’œil qui fait sourire tout en revenant à l’essentiel de l’histoire : l’homme disparaît, la trace demeure.

Une histoire ancienne, un flacon contemporain

Crédits photos ©État Libre d’Orange

Le travail de Jordi Fernandez, parfumeur chez Givaudan, ne consiste donc pas à illustrer littéralement la Mésopotamie. Le lien passe davantage par les matières et par une évolution olfactive qui accompagne le récit.

L’objet lui-même assume cette filiation. L’étiquette reprend des références aux tablettes cunéiformes suméro-akkadiennes et aux motifs de l’art mésopotamien. Le flacon adopte un vert profond, évocation des terres fertiles et des paysages traversés par le récit de Gilgamesh.

Le résultat évite heureusement le décor de musée. La référence ancienne est présente, mais elle reste un point de départ. C’est finalement ce qui rend le projet intéressant : une Maison de parfums contemporaine choisit de regarder très loin derrière elle pour créer quelque chose qui appartient résolument à son époque.

Crédits photos ©État Libre d’Orange

Fondée à Paris en 2006, État Libre d’Orange célèbre cette année ses vingt ans. La Maison, fidèle depuis ses débuts à une parfumerie indépendante et volontiers irrévérencieuse, a toujours accordé une place importante aux mots, aux histoires et aux partis pris.

Uruk Chronicles s’inscrit dans cette continuité tout en prenant une direction différente. Après vingt ans, État Libre d’Orange va chercher l’inspiration non dans une nouvelle tendance, mais dans l’un des premiers grands récits dont nous ayons gardé la trace.

Gilgamesh voulait connaître l’immortalité. Il n’a pas trouvé la réponse qu’il cherchait. Son histoire, elle, est toujours là.

Uruk Chronicles – By the tonka I remain
Collection Orange Extraordinaire
Création : Jordi Fernandez
Notes de tête : fraise, Ebelia, mandarine
Notes de cœur : accord safran, iris Pomarose
Notes de fond : cypriol, cèdre, tonka
100 ml
Sortie : septembre 2026

Crédits photos ©État Libre d’Orange

https://www.etatlibredorange.com

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