Le Cannes Yachting Festival ouvrira le 8 septembre sa 49e édition. Parmi les évolutions qui traversent le secteur, une nouvelle manière d’envisager la plaisance gagne du terrain : moins de vitesse, davantage de temps passé à bord, des escales choisies et une attention renouvelée aux territoires côtiers.

Le nautisme n’échappe pas à cette envie de ralentir qui transforme peu à peu les usages du voyage. Le « slow nautisme » ne désigne pas une nouvelle catégorie de bateaux, mais plutôt une autre manière de concevoir la navigation. La performance et la vitesse ne disparaissent pas, mais elles cessent d’être les seuls critères. Le temps passé au mouillage, la découverte d’un littoral, la possibilité de rester plusieurs jours dans une même baie ou de rejoindre une destination à son propre rythme prennent une place nouvelle.
Le phénomène accompagne aussi les évolutions techniques du secteur. Les motorisations électriques ou hybrides, les solutions de production d’énergie à bord et les bateaux conçus pour une vie prolongée au mouillage rendent cette approche plus concrète. Le Cannes Yachting Festival, qui réunit jusqu’au 13 septembre 2026 plus de 680 exposants et plus de 710 bateaux entre le Vieux Port et Port Canto, en donne plusieurs illustrations.

L’escale comme nouvelle façon de voyager
Le slow nautisme ne se joue pourtant pas uniquement sur l’eau. Il suppose aussi de repenser les escales et la relation entre le bateau et les territoires traversés. Une marina ne constitue plus seulement un point d’amarrage : elle peut devenir une porte d’entrée vers une ville, une île, un paysage ou une culture locale.
Cette évolution favorise une navigation plus proche des côtes et des itinéraires moins contraints. Elle permet aussi de donner davantage de place à ce qui se passe une fois le bateau amarré : découvrir un marché, déjeuner dans un village, visiter un lieu patrimonial ou simplement prolonger l’escale plutôt que de repartir immédiatement.
La présence à Cannes de destinations et de réseaux de marinas venus de différents horizons, parmi lesquels la Catalogne, la Sardaigne, D-Marin, IGY Marinas, la Tunisie ou la Barbade, témoigne de cette volonté de faire de l’escale une composante à part entière de l’expérience nautique.
Des bateaux conçus pour ralentir

Cette nouvelle approche se retrouve également dans plusieurs unités présentées cette année. Le Jeanneau Sea Loft 480 en est une illustration particulièrement intéressante. Imaginé comme une villa flottante, ce modèle de 14,10 mètres privilégie la vie à bord et les séjours au mouillage. Sa version avec propulsion électrique dispose de deux POD de 11 kW, d’une batterie de 30 kWh et de panneaux solaires de 4,2 kW. Jeanneau annonce jusqu’à 15 milles nautiques en propulsion 100 % électrique et jusqu’à 250 milles en mode hybride.
L’Oasis Meu Amor de Caelum 1029 pousse plus loin encore cette logique de maison sur l’eau, tandis que l’Aventura 37 Explorer appartient à cette génération de catamarans trawlers qui privilégient stabilité, autonomie et confort plutôt que la recherche de vitesse. Ces modèles montrent surtout que la plaisance évolue aussi dans sa manière d’habiter le bateau.
À Cannes, le slow nautisme apparaît ainsi moins comme un slogan que comme le signe d’une transformation plus profonde. La mer n’est plus seulement un espace à parcourir. Elle devient un lieu où l’on séjourne, où l’on prend le temps, et où l’escale compte autant que la destination.
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