À Versailles, la figue raconte bien davantage qu’un fruit. Elle évoque un jardin pensé comme un monde à part entière, l’intelligence d’un jardinier, la patience des saisons et cette manière très française de faire dialoguer la nature avec la main de l’homme. C’est dans cet héritage que Trudon puise l’inspiration de Figuerie, sa nouvelle collection parfumée.

Tout commence au Potager du Roi, à Versailles. À la fin du XVIIᵉ siècle, Louis XIV confie à Jean-Baptiste de La Quintinie la création d’un jardin destiné à approvisionner la table royale. L’agronome transforme alors un terrain marécageux en un extraordinaire laboratoire horticole, organisé avec une précision qui demeure remarquable aujourd’hui.
Parmi ses réalisations figure la Figuerie Royale, conçue pour permettre au Roi Soleil de retrouver sur sa table l’un de ses fruits favoris. Sous les serres pendant l’hiver, puis protégés par la chaleur emmagasinée dans les murs de pierre aux beaux jours, les figuiers bénéficiaient d’un environnement savamment maîtrisé. La pierre, la terre, le verre et le végétal y composaient un équilibre minutieux.


C’est cette atmosphère que Trudon choisit d’évoquer avec Figuerie. Pour sa première création à la direction artistique de la Maison, Hugo Ferroux imagine une figue qui ne cherche pas la gourmandise immédiate. La composition se tient du côté du végétal, de la feuille fraîche, de la terre humide et du bois.
Imaginée par la parfumeure Émilie Bouge, la fragrance s’ouvre sur une figue blanche, verte et boisée. Puis viennent des nuances plus profondes : un accord d’humus associé au patchouli rappelle la terre des serres, tandis que le santal évoque le bois et les racines. L’ambroxan CX apporte une dimension plus lumineuse et minérale, comme la pierre réchauffée par le soleil. Une touche d’armoise vient enfin apporter à l’ensemble une fraîcheur presque printanière.



C’est cette dualité qui a guidé Hugo Ferroux dans la création de Figuerie. Entre royauté et potager, entre lumière et obscurité, entre la terre humide et la minéralité solaire des façades versaillaises. Une figue pensée comme un hommage à la noblesse de la nature, façonnée par l’intelligence humaine.
Imaginé par la parfumeure Émilie Bouge, le parfum s’ouvre sur une figue blanche d’une grande pureté, fraîche, verte et boisée, dans sa plus belle naturalité. Progressivement, une facette plus profonde se révèle. Associé au patchouli, un accord humus et terre évoque l’humidité des serres et la terre nourricière des figuiers en repos hivernal. Une note mousseuse, enrichie de santal, rappelle les caisses de bois et les racines enfouies. En contrepoint, l’ambroxan CX apporte une vibration lumineuse et minérale, comme la pierre de taille réchauffée par le soleil. Une touche d’armoise vient enfin souligner la vérité printanière de la composition. La figue n’est donc pas ici envisagée comme une simple note fruitée. Elle devient un paysage.


Un paysage fait d’ombre et de lumière, de terre et de pierre, de végétation et d’architecture. Une nature que l’on ne cherche pas à dominer, mais à accompagner, à comprendre et à façonner avec précision. C’est sans doute là que Figuerie trouve son lien le plus juste avec l’histoire de Trudon : dans cette attention portée aux matières et au geste, plutôt que dans l’effet.
Le flacon prolonge cette évocation. Trudon renoue avec le céladon, cette nuance délicate associée au goût aristocratique français des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Le verre, rehaussé d’un marquage à l’or chaud, fait ainsi écho aux arts décoratifs de l’époque, lorsque les intérieurs jouaient eux aussi sur le dialogue entre les verts doux et les ors.




Bougie, diffuseur ou vaporisateur d’intérieur : Figuerie se décline dans plusieurs formats, comme une collection pensée moins autour d’un parfum que d’un univers.
Celui d’un jardin où chaque détail avait sa raison d’être. Où la nature exigeait du temps, de l’observation et du savoir-faire. Et où une simple figue pouvait devenir, à Versailles, un objet de désir suffisamment précieux pour justifier l’invention d’un lieu entièrement consacré à sa culture.
Trois siècles plus tard, Trudon en propose une autre interprétation. Non plus dans les jardins du Roi, mais dans l’espace invisible du parfum, là où une feuille, une terre humide, un morceau de bois ou une pierre chauffée par le soleil peuvent faire renaître un lieu.
Figuerie est peut-être avant tout cela : la mémoire d’un jardin transformée en parfum.
Crédits photos ©Trudon