À travers le bois, l’aluminium et le geste artisanal, Atelier Circourt transforme les lignes de quelques automobiles mythiques en sculptures contemporaines. Une autre manière de regarder la voiture, débarrassée de sa mécanique pour ne garder que la force d’une silhouette.


Une Jaguar Type E, une Ferrari P4, une Porsche 911 ou une Mercedes 300 SL doivent leur statut d’icônes à leurs performances, mais aussi à leurs proportions et à leurs lignes. C’est précisément ce que Guillaume Raynaud et Romain Marchand ont choisi de travailler avec Atelier Circourt. Leur atelier français ne fabrique pas des maquettes automobiles au sens traditionnel du terme. Il extrait de modèles légendaires ce qui demeure immédiatement reconnaissable : un équilibre, une tension, une courbe, une présence.
Du dessin automobile à la sculpture



Cette démarche place Atelier Circourt à la rencontre du design automobile et de l’artisanat. Les silhouettes sont réalisées en France, en séries limitées ou sur commande, à différentes échelles. Jaguar Type E, Porsche 911, Ferrari P4, Mercedes 300 SL, Ford GT40 ou Aston Martin DBR1 deviennent ainsi des pièces destinées à être regardées autrement.
Le travail commence par les proportions et les volumes. La reproduction exhaustive laisse place à une interprétation volontairement épurée, débarrassée des détails qui caractérisent habituellement les modèles réduits. Le dessin devient alors presque abstrait, sans perdre pour autant son pouvoir d’évocation. « Nous ne reproduisons pas des voitures. Nous cherchons à révéler ce qui les rend intemporelles », résume Romain Marchand, cofondateur d’Atelier Circourt.
La matière prolonge cette recherche. Bois massifs issus de forêts françaises, érable, frêne, hêtre, aluminium ou epowood sont travaillés avec une combinaison d’usinage de précision et de finitions manuelles. Ponçage, peinture, vernis multicouche et polissage se succèdent avant l’assemblage. Les roues en aluminium sont notamment ajustées au millimètre dans des pneus préalablement préparés.
Derrière la sobriété apparente de ces objets se cache ainsi un travail particulièrement technique. Les bois sélectionnés sont séchés durant plusieurs mois, parfois plusieurs années, afin d’obtenir la stabilité nécessaire à leur transformation. Les pièces sont généralement produites en séries limitées de huit à douze exemplaires numérotés.
Une automobile devenue objet de collection

Atelier Circourt élargit également son travail à des collaborations avec des artistes et des designers. La « 71 Prototipo », imaginée avec l’architecte d’intérieur et designer Tristan Auer, s’inspire ainsi du prototype Lamborghini LP500 qui annonçait la Countach. Réalisée en érable sycomore massif et encrée à la main, cette pièce éditée en huit exemplaires et quatre épreuves d’artiste assume une dimension plus expressive.
L’atelier a également travaillé avec l’illustratrice Sabrina Chess, le peintre automobile Yahn Janou ou encore le street artist SethOne. Ces collaborations déplacent encore un peu plus la silhouette automobile vers le territoire de l’art et du design contemporain.

Réalisée en epowood massif et peinte à la main, cette interprétation rend hommage à l’une des voitures de course les plus emblématiques des années 1950. Produite en série limitée de 12 exemplaires numérotés – Crédits photos ©Atelier Circourt

Interprétation contemporaine de la première Porsche 911 Turbo de série. Son traitement bicolore et ses volumes tendus soulignent le caractère radical du modèle original. Série limitée de 12 exemplaires numérotés – Crédits photos ©Atelier Circourt
Le sur-mesure constitue un autre volet de cette activité. Collectionneurs privés, passionnés et constructeurs automobiles peuvent faire réaliser une pièce à partir d’un modèle précis, choisir son échelle, ses matériaux ou sa finition, voire retrouver une livrée, des couleurs ou des numéros de course personnels. Une manière de transformer une histoire automobile en objet à conserver.
À l’origine de cette approche, Guillaume Raynaud apporte son expérience de designer automobile acquise notamment au sein du centre de style d’un grand constructeur. Avec Romain Marchand, il développe une maison indépendante où la culture automobile rencontre le savoir-faire artisanal français.
Chez Atelier Circourt, la voiture quitte ainsi la route sans disparaître. Elle change simplement de dimension et de nature. Il ne reste plus le bruit du moteur, la vitesse ou la performance, mais quelque chose de plus silencieux : une ligne devenue sculpture.
Crédits photos ©Atelier Circourt