Avec Lithographie sur albâtre, Alain Ellouz transforme une pierre née il y a des millions d’années en support vivant pour les grandes œuvres de l’histoire de l’art. Une collection où le dessin, les veines de la matière et la lumière composent une nouvelle lecture de l’œuvre.

L’idée paraît évidente une fois formulée. Elle aura pourtant demandé plusieurs années de recherche. Face à une tapisserie tissée d’après Polynésie, la mer de Matisse, une question s’est imposée : pourquoi ne pas interpréter cette œuvre dans l’albâtre ? La réponse prend aujourd’hui la forme de cinq pièces présentées en avant-première mondiale à la Galerie Alain Ellouz, quai des Grands-Augustins, pendant la Paris Design Week.
L’intérêt de cette collection tient d’abord à la rencontre entre une œuvre connue et une matière qui ne se contente pas de la reproduire. L’albâtre apporte ses veines, ses nuages, ses variations de transparence et les sédiments emprisonnés dans la pierre depuis des millions d’années. La surface accueille le dessin, tandis que la profondeur et la lumière en modifient la perception. Éteinte, la pièce révèle l’image. Allumée, elle en fait apparaître une autre dimension.
Une pierre choisie comme une matière picturale
Cette interprétation commence bien avant l’image. Alain Ellouz dispose de 6 500 plaques d’albâtre issues de vingt-cinq années d’expéditions dans les carrières espagnoles, toutes photographiées et conservées comme une véritable bibliothèque de matière.
Le choix de chaque plaque répond au dessin de l’œuvre. Le veinage est étudié pour accompagner la composition, puis les plaques sont assemblées afin de déterminer précisément sa place dans l’image. Chaque bloc étant unique, chaque réalisation l’est également. Deux pièces parfaitement identiques ne peuvent donc exister.






La collection Pierre d’Artiste réunit cinq premières interprétations : un Matisse et une variation autour de Soulages au sol, un Monet et un Matisse au mur, ainsi qu’un Michel-Ange au plafond, dans une évocation assumée du lieu où son œuvre fut elle-même peinte.
La technique joue ensuite sur la transparence naturelle de l’albâtre. Une tête à micro-aiguilles travaille la surface au micron avant l’application d’un gel qui sensibilise la pierre. Des blancs de soutien viennent ensuite opacifier certaines zones. Plaque après plaque, le travail consiste à régler ce que la lumière laissera apparaître et ce qu’elle retiendra.




La dernière étape repose sur le procédé Stonelight, développé par la Maison et déjà éprouvé sur ses luminaires. Adapté à l’usage de chaque œuvre, au sol, au mur ou au plafond, il assure sa protection et sa mise en lumière.
Reste alors le moment le plus singulier : celui où la pierre cesse d’être simplement un support pour devenir partie prenante de l’œuvre.
« L’albâtre apporte à l’œuvre comme un subconscient. Ces sédiments sont là depuis des millions d’années, et ils s’accordent d’une manière complètement magique avec l’esprit de l’œuvre. C’est un hommage. »
Alain Ellouz
Lithographie sur albâtre
Galerie Alain Ellouz
Quai des Grands-Augustins 75004 Paris
Paris Design Week, du 10 au 19 septembre 2026
Crédits photos ©Alain Ellouz Paris