Entre les ruelles de la vieille ville et les institutions culturelles de Zurich, une demeure plusieurs fois centenaire retrouve sa raison d’être. Restaurée avec un soin remarquable, la Villa Florhof devient le premier boutique-hôtel de Lalique. Une adresse de treize chambres où le cristal dialogue avec la pierre, où l’héritage de la soie rencontre le design contemporain, et où l’hospitalité s’écrit comme une maison habitée plutôt qu’un hôtel.

Villa Florhof
Florhofgasse 4, 8001 Zurich, Suisse
+41 43 531 33 33
www.villaflorhof.com
Ouverte toute l’année
Crédits photos ©Digitale Massarbeit
Au détour de Florhofgasse, certaines façades semblent avoir toujours été là. Celle de la Villa Florhof appartient à cette catégorie de bâtiments dont les murs ont traversé les siècles sans jamais perdre leur présence. Édifiée au XVe siècle, puis intimement liée dès le XVIe siècle au commerce de la soie qui fit la prospérité de Zurich, cette demeure classée ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire sous l’impulsion de Lalique.
La Maison française y inaugure son premier boutique-hôtel à Zurich, mais l’ambition dépasse largement l’ouverture d’une nouvelle adresse. Ici, il s’agit avant tout de redonner vie à un patrimoine en respectant son identité. Menée en collaboration avec les autorités chargées de la conservation, la restauration préserve l’âme du lieu tout en lui offrant une nouvelle vocation.


Le résultat tient davantage de la résidence privée que de l’hôtel traditionnel. Treize chambres et suites seulement composent cette adresse confidentielle, où chaque espace revendique une personnalité propre. La Suite René Lalique, la plus emblématique, résume à elle seule cette rencontre entre architecture historique et raffinement contemporain.
Les intérieurs, imaginés par Green & Mingarelli Design, privilégient l’équilibre plutôt que l’effet. Les éléments patrimoniaux restaurés cohabitent avec les créations de Lalique Maison dans une atmosphère résidentielle où le confort s’efface derrière la justesse des proportions, des matières et de la lumière.



Le cristal, naturellement, occupe une place centrale. Mais il ne se contente pas d’habiller les espaces. À la Villa Florhof, il participe à leur architecture. Le Lalique Interior Design Studio a imaginé plus d’une douzaine d’installations inédites mêlant cristal et verre architectural. Les motifs de papillons et de feuilles de mûrier, directement inspirés de l’œuvre de René Lalique, évoquent discrètement l’histoire textile de Zurich. Ils apparaissent dans les panneaux lumineux, les luminaires sculpturaux ou les cloisons décoratives, dessinant un fil conducteur à travers toute la demeure.
L’escalier monumental composé de papillons en cristal constitue sans doute la signature la plus spectaculaire du projet. Plus loin, le futur restaurant gastronomique sera coiffé d’un plafond réunissant plus d’une centaine de papillons en cristal, tandis qu’une sélection d’œuvres réalisées par Damien Hirst en collaboration avec Lalique prolonge ce dialogue entre artisanat d’art et création contemporaine.



L’expérience se poursuit à table. Dès son ouverture, la Villa Florhof accueille un bar et une brasserie largement ouverts sur une terrasse-jardin, offrant une parenthèse paisible à quelques pas seulement du centre historique. Le chef John Schiffmann y défend une cuisine lisible, construite autour de produits de qualité et d’une approche sans ostentation.
À l’automne, un restaurant Signature viendra compléter cette proposition gastronomique dans les salons du premier étage. Une cave voûtée restaurée accueillera dégustations et événements privés, tandis qu’un salon Davidoff offrira un refuge plus confidentiel aux amateurs de cigares.




Cette ouverture marque également une nouvelle étape dans le développement de Lalique Hospitality. Après l’Alsace, Bordeaux et l’Écosse, Zurich rejoint une collection de maisons qui ont en commun de s’ancrer dans l’histoire de leur territoire plutôt que de reproduire un modèle hôtelier uniforme. Chaque adresse revendique son propre langage, façonné par le patrimoine, les savoir-faire et le caractère du lieu.
À quelques minutes du Grossmünster, du Kunsthaus Zürich et de la Bahnhofstrasse, la Villa Florhof ne cherche finalement pas à imposer une nouvelle image du luxe. Elle rappelle simplement qu’une demeure peut traverser plusieurs siècles sans perdre son identité, pour peu que l’on sache écouter ce que son histoire a encore à raconter.